De Fils en Dentelles
Quelques spécimens de nos dentelles!
et de broderie japonaise!
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Les herbes folles, c'est en
Normandie qu'elles poussent : la Normandie, où se situe Bayeux, la ville dans laquelle des petites mains fabriquent des dentelles si fines..., aussi légères que des papillons
:
Les petites mains qui ont fait naître celui-ci sont celles de Maryvonne :
elle a des doigts de fée !
Ses réalisations nous font tourner la tête... et alors tout se mêle : points Vitré, fond d'Alençon, grille, ....



Une amie lui écrit :
"Quand j'étais petite les grandes personnes me disaient que ce n'était pas joli d'écrire en vert.".... Heureusement, à
Maurice, personne ne lui a interdit d'écrire en vers :


Vous avez remarqué également la délicatesse du jour qui ourle l'ouvrage ?
Aujourd'hui, je suis enthousiaste car je viens de débuter mon premier
ouvrage en dentelle de Bayeux ! C'est la 4ème année que je pratique la dentelle et j'attendais ce moment avec impatience, cependant je savais qu'il me fallait être patiente car il faut déjà avoir
pratiqué le travail des fuseaux et maîtrisé certaines techniques pour réaliser la dentelle de Bayeux : si fine...
Néanmoins, les ouvrages présentés ci-dessous ne sont pas encore de moi, mais sont l'oeuvre de dentellières confirmées :
Commençons par la pochette de Claire :
C'est un modèle dessiné par Jeanine Potin, et trouvé dans "Les Cahiers de la
Dentellière". Claire l'a effectué avec du fil de coton égyptien enroulé sur 60 paires de fuseaux ( les fuseaux posés sur le modèle ci-dessus sont de véritables fuseaux normands et anciens,
achetés à Vire). Claire a également eu besoin de 8 paires de cordon.
Vous remarquerez l'angle si original : Ce modèle d'angle de pochette a appartenu à Rose Durand et apparemment dessiné par elle-même. (La technique de la dentelle de Bayeux n'a jamais disparu grâce à un petit livre édité en 1919 par Rose Durand : Manuel de la dentelle caennaise et
bayeusaine)
Le style des dessins témoigne de la mode du début du XXème siècle. Ils révèlent
aussi la pratique de la dentelle de Bayeux.
Cette "Pâquerette", créée par Florence Quinette, nécessite 118 fuseaux de coton égyptien n° 120 et 20 cordon de lin, pour la cueillir délicatement, il faut savoir pratiquer la grille, le point Vitré, le fond Alençon et la Toile pour le coeur de la fleur.
Maryline, quant à elle, la conçoit en noir :
Elles ont toutes deux chargé leurs 120 fuseaux de fil à coudre de coton (40) ainsi que 4 cordonnets pour les bordures. La hauteur de l'entre deux est d'environ 10cm, cela donne de grands ouvrages ...
... sur lesquels on reconnaît le mat, le fond Torchon, des croisements de 6, de 8
ainsi que de superbes croisements de 16 :
Chantal et Claire aussi ont bien travaillé pendant leurs vacances !
Vous aimez la dentelle "Craponne" ? Renseignements pris auprès de la Société d'histoire de la région de craponne en velay : Selon la légende, l'art de la dentelle (qui se pratique en Velay sur un métier appelé carreau) aurait été inventé au 15ème siècle par Isabelle Mamour, qui devait réaliser
un somptueux manteau pour la Vierge noire lors du jubilé de Notre-Dame du Puy.
Ce qui est certain, c'est que l'activité dentellière était prospère en Velay aux 17ème et 18ème siècles. Après une période de crise qui suivit la Révolution (guerres, blocus continental...), le renouveau dentellier du 19ème siècle fut impulsé par Théodore Falcon, installé dans les environs de Craponne puis au Puy.
Jusqu'aux années 1930, Craponne était avec Le Puy le plus important centre dentellier du Velay (une centaine de fabricants et de marchands vers 1900).
La dentelle de Craponne, réputée la plus fine, était envoyée dans le monde entier, comme en attestent les livres de comptes des fabricants : Paris, Lyon mais aussi Londres, Vienne, Saint-Pétersbourg et même l'Amérique ou l'Australie. Parmi les commandes de prestige, les établissements Surrel confectionnèrent une aube offerte au Pape Léon XIII et un dessus de lit pour la reine Marie-Amélie du Portugal.
C'est un modèle qui ne vient pas des prés (...colchiques dans les prés...
C'est joli, n'est-ce pas, avec le
centre plein ?
"A l'ombre des campanules" est aussi un modèle de l'Hôtel du Doyen à Brioude. Ce napperon ovale est confectionné en lin 60/2 avec un cordon de lin 18/3 et... devinez combien de fuseaux ???
C'est le même modèle que Ginette avait réalisé au printemps : voir l'article :
Vous avez remarqué , dans ce modèle du Conservatoire de Bayeux, les angles sont différents
deux à deux :
Les petits fuseaux de Claire étaient alors chargés de fil de coton égyptien 100/2 ainsi que
d'un fil de soie ovale du "Ver à Soie"